Il n’existe qu’un seul Yoga mais il y a plusieurs façons de le pratiquer. Pourquoi j’aime la pratique de l’Ashtanga Yoga Vinyasa?

Voici mes 10 Raisons de l’aimer:

Ahimsa

Chaque matin sur mon tapis de Yoga j’apprends à ne pas me faire mal, à m’écouter, ne pas aller trop loin dans les postures. J’écoute, j’entends, travaille et respecte mes blessures. Je respecte mon professeur, s’il me dit que je dois m’arrêter je m’arrête, je n’ai pas de pensées négatives à son égard.

Si la personne à côté de moi transpire sur mon tapis je n’ai pas de pulsions meurtrières ni de dégoût. Si une autre respire trop fort je n’ai pas de pensée négative, quand une personne n’arrive pas à faire une posture je ne me moque pas. On appelle ça la Non-Violence – Ahimsa.

Satya

Quand le Professeur me demande si je pratique la Première Série en entier, savoir quel asana je maitrise, je réponds la vérité sans m’inventer une pratique qui n’est pas la mienne. Quand on souligne le fait que mon Chakrasana est de travers je réponds que j’ai peur de me faire mal au cou.

Quand je n’ai pas envie d’être ajustée je préviens mon professeur avant le cours. Quand mon professeur me demande pourquoi je ne suis pas venue à la classe guidée je prends mon courage à deux mains pour lui dire que je n’aime pas les classes guidées. Quand il me dit que je dois venir au moins une fois par semaine je respecte sa demande. On appelle ça la Vérité – Satya.

Asteya

Il m’est arrivé de voir un tapis de Yoga de la marque Liform trainé sur un banc pendant plusieurs semaines, une personne l’avait oublié.

Même si j’avoue avoir été tentée de le prendre je ne l’ai pas fait. Un jour il a disparu, j’espère que le ou la propriétaire l’a récupéré. Je ne copie pas les articles sur le Yoga que je peux voir sur d’autres sites web, je ne prends pas leurs idées, je ne m’invente pas un style de yoga qui existerait déjà. Si une amie me parle d’une retraite de Yoga qu’elle veut faire dans un lieu paradisiaque avec des activités auxquelles je n’aurai jamais pensées, je ne copie pas son idée. On appelle ça être Honnête – Asteya.

Brahmacharya

La pratique régulière me propose ce que l’on pourrait qualifier de vie monacale pour les gens qui vivent dans les grandes villes : lever tôt, coucher tôt. Consommation d’alcool très limitée voir inexistante sur plusieurs mois d’affilés. Je ne m’impose pas ce style de vie, il est venu tout seul.

On pourrait le qualifier d’Abstinence, ça me convient.

En sanskrit on l’appelle Brahmacharya qui contrairement à l’image populaire ne concerne pas seulement la privation de sexe mais plus l’économie de prana sous toutes ses formes.

Aparigraha

Dès le moment où j’ai vendu mon appartement parisien je me suis détachée de tout, j’ai donné les meubles, la vaisselle, les serviettes, les couverts bref tout au nouveau propriétaire. J’ai donné un nombre incalculable de fois mes vêtements à des gens que je ne connaissais pas ou à des étudiants quand je devais encore repartir sous d’autres cieux.

Si ce n’est ma valise je n’ai rien à moi, je loue partout où je vais, je n’ai pas de voiture, pas de canapé, plus de chien (ça c’est dommage) et si ce n’est le manque que je peux avoir de Loucy, Arjun ou Shanti (tous les chiens que j’ai voulu sauvés) je vis ce détachement tranquillement.

En Sanskrit on l’appelle Aparigraha.

Saucha

Tous les matins avant la pratique je prends une douche durant laquelle je fais des gommages à base de curcuma, sucre et/ou sel, une fois par semaine je pratique Jala Neti.

Je fais Kapalabhati et Nauli tous les matins après la douche. J’écris mes pensées noires et colères dans mon journal pour ne pas polluer mon esprit.

Je peux vite devenir une maniaque de la propreté (mais ça c’est un TOC que je soigne). Sinon ça s’apparente à la Propreté ou Saucha.

Santosha

« Je me contente de peu quand ce peu est conforme à ce que je veux »

Malheureusement ce n’est pas de moi mais de Confucius. Il a raison.

Durant les pratiques il y a des jours où j’ai une flexibilité de dingue et d’autres jours où je suis raide comme un bout de bois.

Parfois j’aimerai avoir une grande maison avec un jardin et des chiens qui courent partout mais je suis tout aussi bien dans une guest house qui ne m’appartient pas et où je ne serai que de passage.

J’aimerai pouvoir manger des Pizzas à Sienne et boire du vin rouge mais je suis aussi très contente devant mon bol de fruits rouges à boire du thé au gingembre en contemplant les rizières de Ubud (avec les moustiques on s’entend). Ca s’appelle tout simplement le contentement ou Santosha.

Tapas

On connait tous la plaisanterie, en Espagne elles sont très bonnes… Il faut énormément de discipline pour se lever TOUS les matins et dérouler son tapis. Pour assimiler une posture il faut l’avoir pratiquée 1000 fois ça veut dire une année et demi.

Pour arriver à ce stade il faut donc pouvoir pratiquer quotidiennement, de manière régulière, sans sauter de jour ni de semaine. Il y a quand même des jours de congé, surtout pour les femmes, pendant les menstruations prendre une ou deux journées, et la lune notre meilleure amie nous autorise à relâcher pendant qu’elle est pleine ou noire.

Donc fondamentalement c’est parfaitement possible de garder une pratique régulière, on a au moins 5 jours off dans le mois plus les samedis soit 9 jours.

Le Yoga est une discipline tout comme la danse, le karaté, le kung fu. On ne peut en comprendre les bases et fondamentaux qu’en le pratiquant de manière régulière.

Svadhyaya

La pratique régulière nous amène à penser différemment. Nos peurs, nos craintes, nos émotions sont imprimées en nous.

Elles ont un impact sur notre structure osseuse et corporelle. La pratique régulière change notre structure osseuse et musculaire. Les émotions circulent de manière pranique et apanique. Parfois dans certaines postures on rit, on pleure, on craque, on exulte.

C’est la connaissance de soi qui arrive.

On s’aperçoit alors que nous sommes responsables de nos barrières, de nos propres obstacles, de notre bonheur.

Notre travail est avant tout de nous aimer et de nous comprendre, seulement après on peut aider les autres car nous pouvons partager cette expérience et apprendre comment passer au-dessus de ce qui nous gêne. Le yoga est fondamentalement la connaissance se soi.

Richard Feeman dans son livre pose la question qui je suis? Et sa réponse est « Tout ». C’est vrai.

Nous sommes Tout, sauf que nous ne l’avons pas encore compris.

Ishvara Pranidhana

L’Univers notre meilleur ami. Le lâcher prise. Si on ne lâche pas prise dans certaines postures on ne pourra jamais ouvrir notre esprit. Les deux sont intimement liés. S’en remettre aux forces Universelles et à Mère Nature, les deux seules puissances qui nous gouvernent.

Conclusion

Un jour quelqu’un m’a dit que la pratique de l’Ashtanga Yoga Vinyasa n’était pas une pratique de Yoga car le Yoga n’était pas une histoire de cirque.

Il est vrai que nous faisons des postures et des transitions de dingue j’avoue, mais pour y arriver il faut de la non violence, être vrai avec soi même, ne pas se mentir, garder son énergie, être détaché, propre, heureux de ce que l’on a accompli, se discipliner pour aller sur le tapis tous les matins, se connaitre et finalement lâcher prise car au final on n’a rien à prouver à personne.

Namaste

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