Selon la définition la plus brute que l’on puisse trouver, le yoga est une doctrine et exercices traditionnels hindous, cherchant à réunir l’individu avec le principe de toute existence.

Le mot doctrine, éthymologiquement parlant vient du latin “doctrina” qui se réfère à l’action d’enseigner, enseignement, théorie, méthode etc.

La première chose que l’on apprend est la racine du mot yoga, “yuj” qui veut dire unir.

Ensuite chacun peut y aller de son interprétation personnelle, tout va dépendre de l’âge, de la maturité, de la sagesse, du nombre d’années de pratique physique et mentale et de pleins d’autres facteurs.

Le fait est que le Yoga est un vaste sujet, un peu sous-estimé car trop souvent caricaturé par des postures jolies esthétiquement et souvent hélas vides de sens.

Personnellement je suis ravie quand je passe une posture.

Et c’est au-travers de la posture que mon chemin se fait.

Souvent je pense “Autopsie d’une Posture“, c’est un article en cours d’écriture.

Est-ce qu’un corps peut refléter ce qui se passe à l’intérieur, ce qui se cache et qui potentiellement s’exprimera par la maladie ou de l’inconfort.

Sommes-nous vraiment responsable de ce qui se passe en “nous” que l’on soit en bonne ou en mauvaise santé?

Doit-on considérer la pratique du Yoga comme étant indispensable à notre bien être ?

Je n’ai pas la prétention d’avoir la réponse.

Je pense que chacun de nous est un “yogi” en devenir. C’est une graine qui est en nous, que l’on fait germer ou pas.

Souvent on va commencer à s’en occuper après avoir suivi un premier cours de yoga qui nous aura transporté.

J’ai reçu beaucoup d’emails dans lesquels les personnes m’écrivent, “quand j’ai pris mon premier cours de yoga, je me suis senti(e) revivre/connecté(e)/transporté(e)“….. Dans cette phrase ce qui est important est la phrase “je me suis senti(e)”.

Il y a là réappropriation du “moi”. Sans le savoir la graine a commencé à germer.

Mais ça aurait pu être n’importe quoi.

Une bonne séance de natation par exemple permet de se reconnecter avec le deuxième élément soit l’Eau, qui, qu’on le veuille ou non, nous transporte à nouveau dans le liquide amniotique d’avant notre naissance et dans lequel nous avons évolué pendant neuf mois.

Durant les premiers mois de notre vie, dans le ventre maternel nous avons été en pleine conscience, expérimentant un retrait total des sens qui au fur et a mesure de notre création vont finir par se développer.

Un moment de vulnérabilité. Paradoxalement nous arrivons au monde dans la douleur.

Le premier cri, indispensable à notre survie, celui qui nous permet d’absorber l’oxygène qui remplira nos poumons…. jusqu’à notre dernier souffle.

Etape essentielle à notre introduction à la Vie.

Et la vie ne va pas nous faciliter la tâche car même si elle nous demandera de garder notre intégrité et notre honnêteté, tout le long nous serons provoqués par l’amertume, le regret, la médisance mais aussi par des moments de plénitude aussi intenses qu’éphémères sur le long terme.

La vie nous proposera plusieurs chemins et la loi du libre arbitre y règnera. Nous avons donc le choix.

Souvent les choix vont être le reflet de notre mental. Mais qui a créé la pensée ?

Au royaume animal les choses sont beaucoup plus simples, la roue est facile à tourner. La première préoccupation d’un animal est la nourriture dont dépend sa survie. S’il est malade il ne mangera pas.

Un règne assez binaire.

L’être humain est doté de pensées qui se déroulent dans un film infini.

On fait les choses par passion, dans la douleur, dans la peine.

Le bonheur ou le malheur nous transpercerons par nos sens, on pourra alors être transporté par une odeur de madeleines fraîches, le parfum des fleurs nous emmènera ailleurs, on se construira des bons ou mauvais souvenirs qui finiront par s’accumuler dans une partie de notre subconscient pour un jour ressurgir sans crier gare, on associera une chanson à un mariage, une rencontre, une danse…

Et on ajoutera des couches sur des couches, pour au final ne plus être capable de discernement tant nous sommes distraits par toutes ces énergies qui changent notre comportement….. malgré nous…

L’identité

On a oublié ce que l’on souhaitait devenir à trop vouloir revêtir d’autres identités que la notre.

On construit parfois sa vie sur un mensonge, quand un beau jour on le réalise, on va y donner un nom “la crise de la quarantaine ou de la cinquantaine“. Un moment d’éveil soudain qui arrive pendant une période où tout ce que l’on a construit se perd doucement mais surement.

Toute destruction est une renaissance.

Certes.

Doit-on passer invariablement par la douleur pour la réalisation de Soi ?

Si l’on en croit nos premières secondes dans ce monde, la réponse est vraisemblablement oui.

Notre chemin de vie est par la même la Quête de Soi.

Le yoga nous propose une connexion directe avec la partie divine de notre être.

L’instinct humain n’est pas différent de celui de l’animal.

Ce qui différencie l’être humain de l’animal, c’est qu’il va détruire son environnement pour pouvoir l’habiter alors que l’animal s’adaptera.

L’être humain ayant le pouvoir de réalisation et de création ; nous sommes donc considérés comme une espèce évoluée car nous savons bâtir des routes, faire voler des avions, et avons créer Internet.

En un sens nous ne sommes pas différents des fourmis, nous travaillons qu’on le veuille ou non en communauté pour l’évolution (et la perte) de l’humanité.

Le problème est que nous nous sommes perdus en cours de route.

Alors que nous avions toutes les cartes en mains dès notre naissance.

Se poser des questions

En dehors du fait que la meilleure définition que l’on puisse donner au Yoga est équanimité, un stade encore jamais atteint pour ma part, par sa pratique il amène doucement un questionnement.

Le grand, l’unique et le seul BKS Iyengar :

Le Yoga ne change pas la manière dont nous voyons les choses, il change celui qui les perçoit“.

Que dire de plus si ce n’est pouvoir en faire une interprétation ?

Avant de nous ‘unir’ au divin en se forçant à méditer, à être souple, à retenir son souffle, à vouloir être trop gentil, détaché, propre, non violent, bienveillant (ah ce mot et le yoga….), honnête, généreux, et tout ce qui fait qu’on est un super pratiquant dans un super legging avec le super cours qui va bien, il faut d’abord et avant tout s’apprendre, se découvrir et savoir de quel bois on est fait.

Sinon on passera tout le temps à côté de quelque chose ou de quelqu’un (Nous).

C’est un travail personnel qui ne s’apprend pas dans un livre.

Car c’est un travail individuel. Pour qu’une communauté fonctionne il faut que les individus qui la forment voient plus loin que ce que la société peut lui proposer.

La société ne changera pas tant ce qu’elle proposera continuera d’attirer des foules.

Mais pour pouvoir penser de manière individuelle et par la suite transmettre ce que l’on a appris de/sur Nous, il faut pouvoir avoir le courage de se pencher sérieusement sur notre être, notre mal être, notre bien être, notre mieux être pour simplement “Etre”.

De très belles réflexions en perspective !

Namaste!