Dans un groupe Facebook sur le Yoga, la question était de savoir s’il fallait réguler l’enseignement du Yoga.

Savoir qui peut légiférer sur cette activité, quand, comment et quels seraient les critères. Tout cela restant des points en suspens.

J’avoue que je ne me reconnais plus dans cette activité. Mes pratiques sont toujours présentes, mais l’enseignement devient un pur produit de marketing.

Et c’est en cela que j’ai du mal à trouver ma place.

Comme je le mentionnais sur ce groupe d’échange, nous ne formons plus des pratiquants ou de simples professeurs, mais des futurs formateurs.

Lors d’une prise de contact avec des élèves par téléphone, certains vous demandent “votre parcours”, et la discussion tourne autour d’une entrevue. Un rite de passage de l’enseignant lui-même, pour que la personne à l’autre bout de la ligne “vous juge” en évaluant “vos” capacités à l’enseignement du Yoga….

C’est une démarche qui est devenue courante, les protagonistes ne prennent même plus le temps d’aller lire ce que vous avez mis sur votre site web, ils font passer des entrevues comme une personne chargée des Ressources Humaines dans une entreprise.

C’est une démarche qui me surprend et surtout que je trouve consternante.

Jamais je n’aurai un jour pensé vivre ce genre de situation, et ô grand jamais je n’aurai moi-même osé, avoir le courage ou l’audace, d’aller voir mon professeur Iain Grysak, pour lui demander quel était son parcours, et qu’est-ce que j’allais apprendre si je m’inscrivais à ses cours.

Cette façon d’aborder et d’envisager une formation de yoga est pour le moins édifiante de ce qu’est devenu le Yoga et plus particulièrement avec la crise du Covid.

Une émergence de formations de yoga de toute sorte, en ligne, en studio, rapide, longue, courte a vu le jour et prend naissance à peu près toutes les dix minutes sur les réseaux sociaux.

Tout le monde, est maintenant formateur.

Si vous avez passé la quarantaine, vous faite figure de dinosaure dans le monde du yoga, et avec un peu de chance si vous avez su comment vous vendre en amont et comment utiliser à bon escient les réseaux sociaux, vous aurez peut être l’opportunité de sortir du lot.

De plus la grande mode est au “Data Dock”, donc maintenant il y a deux critères absolument essentiels pour “comment choisir sa formation de yoga”, c’est de pouvoir bénéficier d’une prise en charge (mais du coup la formation sera plus chère car la quantité de paperasse à fournir est tout simplement dantesque) et le fameux logo “Yoga Alliance US”.

Ensuite seulement, le parcours du formateur sera éventuellement évalué.

On a réussit à faire rentrer le Yoga dans une case qui consiste à compléter un 200 Heures durant lesquelles il faut surtout apprendre aux élèves à comment pratiquer sans se faire mal, car il semblerait que les pratiques blessent. Mais bonne nouvelle le Yoga a aussi un pouvoir de guérison absolu sur à peu près tout.

On passe alors de prof de yoga à thérapeute expert en diététique et ayurvéda sans oublier de mentionner les bienfaits que peuvent procurer la gratitude quand elle est parfaitement bien alignée avec l’intention que l’on amènera le matin sur son petit tapis de yoga, entouré des cristaux qui procurent paix et amour dans le monde entier, avec une petit bémol tout de même…. la sauge et le bois de palo santo pour purification sont à faire avant, pendant et après…. même si le Palo Santo utilisé par les yogis subit tout de même des coupe illégales et fait partie des espèces menacées d’extinction.

Petit aparté du coup : Le bois de Palo Santo doit être récupéré sur des bois morts naturels MAIS vu la demande grandissante (il y a beaucoup plus de “yogis” de nos jours), il est maintenant récupéré sur des bois vivants car le cycle naturel de 10 ans est bien trop long à attendre (business is business, samadhi n’attend pas). Des forêts sont donc sacrifiées pour le bien être de gentils yogis en mal de purification….. à méditer…

Aparté numéro deux (tant qu’à faire) : Un peu comme les avocats, si bons pour la santé mais avec une culture qui assèche des villages entiers car elle demande beaucoup, beaucoup, beaucoup d’eau et les courants d’eau sont détournés directement dans les champs. Mais bon c’est pas grave, la population peut bien se priver de boire car le yogi lui après s’être sanctifié au Palo Santo et nourrit de son “Avocado Bowl” priera pour la paix dans le monde…. 3 OM et 3 Shanti tu réciteras.

Voilà donc la nouvelle génération version 202XX.

D’une pratique purement holistique qui à la base était censée “nous” apprendre à découvrir qui “nous” sommes, sans suppression de l’ego on s’entend car pour ça il faut avant tout comprendre que l’ego c’est le “je” et que si on le tue, bien on se suicide en gros, et ce n’est pas ce que le Yoga nous apprend, au contraire. Bref de quelque chose d’assez simple même si expliqué ainsi cela peut paraître compliqué, il a été créé une espèce de monstre semi marin licornien au pouvoir absolu d’une pratique divinement alignée avec les lois universelles du cosmos et de Shiva réunis.

Et je vous avoue, que j’ai énormément de mal à trouver ma place dans cette nouvelle version du Yoga, tant sa distorsion me fait mal aux yeux.

Ceci reste une réflexion personnelle que je vous partage, car c’est un blog de yoga, qui je l’espère peut amener à se poser des questions.

Namaste,