J’aime les mots.

L’étymologie du mot  “Dualité” est duel, du latin duellum.

La définition du mot duel est : “combat entre deux personnes, dont l’une exige la réparation de l’offense par les armes“.

L’ego en philosophie est un “sujet pensant”, en psychologie il représente le “moi”.

Dans la philosophie chinoise le Yin et le Yang renferme la dualité de tout ce qui existe, l’harmonie au sein de l’équilibre de l’univers. Les formes en noir et blanc dans le cercle, représentent l’interaction de deux énergies opposées appelées Yin pour le noir et Yang pour le blanc. Combinées, ces forces sont à l’origine de tout ce qui se passe dans le monde (source : Out the Box).

Nous sommes donc tout ça à la fois.

Capable du meilleur comme du pire.

La pratique du Yoga n’est pas un outil pour “tuer” notre ego. L’ego étant indispensable à notre survie.

En revanche, la pratique nous aide à maitriser, contrôler, mais avant tout à déceler les deux côtés de notre être. 

En fait je ne pense pas que le Yoga soit la clef nécessaire à ce cheminement, n’importe quelle activité nécessitant une discipline peut nous permettre d’arriver à nous comprendre.

Pourquoi les gens sont-ils malheureux ?

On ne peut pas blâmer constamment la “société dans laquelle on vit”, car la société c’est nous.

Ce qui se passe dans le monde, les désastres climatiques, politiques, financiers, boursiers, sont le résultat de nos actions conjointes. De tout le monde. Bien évidement il y a des puissances plus fortes que nous qui nous gouvernent, mais dans le même temps nous encourageons des modes de vie par un certain confort matériel, que nous recherchons tous.

L’homme est sédentaire. Il a besoin d’un lieu pour vivre. Pour payer son loyer ou son prêt immobilier, l’argent est primordial. L’argent se trouve dans le travail. S’il est salarié il dépendra d’une entreprise, s’il est à son compte il dépendra de lui-même et de sa capacité à fournir, trouver des clients.

Pour trouver des clients, développer son entreprise il devra dépendre des outils mis à sa disposition que sont devenus les réseaux sociaux, les compagnies de marketing, la publicité papier, toute sorte de sponsor. Par là même il sera le premier à nourrir la société de consommation, il en va de sa survie.

Chacun à notre niveau nous nourrissons un système que nous finissons par conspuer.

On veut la paix dans le monde et l’égalité pour tous, mais les vêtements chez H&M ou autre compagnies qui utilisent la main d’oeuvre ouvrière d”Asie, sont bien moins chers qu’une entreprise locale, qui produira localement et dont la qualité sera sans doute meilleure, cependant inaccessible à notre portefeuille.

Nous consommons des denrées périssables et non périssables à outrance et on se retrouve à faire des vide greniers pour échanger, troquer les affaires dont nous n’avons plus besoin. Pour autant, une paire de chaussure par an est rarement suffisante pour les citadins qui sont abreuvés de publicités dès qu’ils sortent de chez eux pour se rendre au travail ou faire des courses.

Le “Black Friday” en est la preuve vivante. Il a même touché le monde du Yoga, on a vu des cours “bradés” au nom du “Black Friday”, c’est vendeur, c’est légitime, je ne juge pas, je comprends.

La dualité est omni-présente dans notre quotidien.

Il y a l’image que l’on projette, celle que l’on croit projeter et celle qui nous représente vraiment.

Il y a ce que l’on voit, ce que l’on croit comprendre, et ce que nous interprétons. J’ai connu un professeur de yoga qui idôlatrait sa femme en public mais qui n’hésitait pas à lever la main dessus dès que la nourriture n’était pas à son goût.

Il y a ceux qui souhaitent rentrer et rester dans le moule que l’on nous propose dès notre premier jour à l’école et ceux qui en sortent. On ne peut pas échapper au moule, il faut l’essayer avant de comprendre qu’il n’est pas fait pour nous.

L’un des facteurs clés de la réussite sociale dans le conditionnement humain, est la famille. La famille serait la chose la plus importante ! Allez donc l’expliquer aux retraités oubliés dans les maisons de retraite, dont l’existence nous saute aux yeux au moment d’une canicule incendiaire. 

L’amour est important à nos yeux, nous voulons être aimé, désiré, vivre souvent dans le regard de l’autre. Nos attentes deviennent alors élevées, pour la plupart nous sommes incapables d’aimer sans rien attendre en retour.

Un exemple tout simple, la Saint Valentin. C’est le moment de l’année où les fleuristes complètent leur chiffre d’affaires. Quid des autres jours ? On ne peut donc plus offrir de fleurs les autres jour de l’année sans y être incités ? La société a poussé le vice d’obliger à nous aimer un 14 février. 

Dans toute cette frénésie, il y a une personne que nous avons oublié d’écouter : Nous, notre ego et par la même notre instinct.

Pourquoi est-ce que tant de gens vont tous dans la même direction que représentent le métro, boulot, dodo ? Comment avons-nous pu nous laisser formater jusque là ? Doit-on attendre “la crise” qui nous pousse un jour à tout plaquer pour tout recommencer….. mais recommencer quoi si nous n’avons rien appris sur nous-mêmes ?

La seule chose qui ne change pas est notre libre arbitre. Nous avons tout le temps eu le choix et même encore maintenant nous sommes maitres de nos choix. Si la direction que la vie prend ne convient plus, alors il faut la changer. Rien n’est une fatalité, la vie n’est pas une fatalité.

Nous sommes capables de mieux, à tous les niveaux.

Car nous sommes Tout, partout à la fois.

La mer est belle, pour autant elle est douce et dangereuse, on peut y nager sans crainte et y disparaitre en un rien de temps. C’est comme ça.

Nous sommes fort et faible, bon et méchant, honnête et hypocrite, aimant et blessant, heureux et triste. Embrassons toute la complexité de notre être et soyons nous, sans masque. 

Les gens qui sourient tout le temps sont souvent ceux qui vous trahissent dès que vous avez le dos tourné, les gens souvent en colère sont souvent ceux qui sont le plus blessés et rabaissés dans leur estime.

J’aime les animaux. Ils ne mentent pas. Un chien vous aimera de manière inconditionnelle, même si vous êtes l’enfoiré qui l’abandonnerez au détour d’un chemin, il courra derrière votre voiture pour revenir vers vous.

Etant en Inde, je vais aussi prendre l’exemple des vaches. Je les nourris, parfois je me dis que ce n’est pas une bonne idée mais bon, elles m’entourent, me poussent, fouillent dans mes poches, mangent dans mon sac les carottes, se foutent éperdument de savoir si la vache à côté a eu son lot de bananes, et une fois que tout a disparu, elles repartent rechercher de la nourriture ailleurs, en m’ignorant complètement.

C’est aussi simple que ça. Elles sont dans le moment présent. Peut être que demain je les nourrirai, peut être pas, elles ne m’en voudront pas et ne m’en porteront pas rigueur.

Je crois que la société de consommation dans laquelle nous évoluons et que nous entretenons a complètement oblitérée notre instinct primaire.

Celui qui nous permet de prendre des décisions en toute conscience, sans honte, ni gêne, sans craindre le qu’en dira-t’on, celui qui nous permet d’avancer, qui peut aussi nous cataloguer d’égoïste si le choix nécessite des changement radicaux. 

Mais être égoïste est parfois nécessaire pour se libérer.

Apprenons nous. Faisons nous confiance, aimons nous avant d’aimer les autres.

La pensée collective a pris le pas sur la pensée individuelle. L’individu est dangereux pour le capitalisme, car si les gens sont heureux avec peu de chose, comment leur vendre du rêve ?

Si les gens s’aiment et deviennent satisfaits de leur image telle qu’elle est, comment leur faire croire qu’ils ont besoin d’autre chose ?

Faisons la paix avec l’image que renvoie le miroir, le conditionnement est tel qu’à notre époque nous n’avons même plus le droit de vieillir. Les magasines féminins nous promettent une jeunesse éternelle et nous informent que la cinquantaine est la nouvelle vingtaine.

On applaudit à deux mains les quinquagénaires masculins qui se mettent en couple avec des jeunes de vingt ans, et on catalogue les femmes plus âgées de cougare dès lors qu’elles s’affichent aux bras d’un homme de dix ans leur cadet.

Les hommes ne savent plus comment draguer depuis qu’on leur a expliqué que siffler une femme dans la rue était en fait du harcèlement. On essaie de changer les mentalités pour arriver à un pied d’égalité et la galanterie se perd, car après tout, si je suis un homme et que je tiens la porte à une femme, va t’elle croire que je la drague ?

Ce sont les extrêmes qui se touchent, le milieu n’a pas été compris.

On parle de comportement mais on ne parle pas de l’être humain. On veut changer le mode de pensée mais on ne se penche pas sur l’essentiel. Ce ne sont pas les mots ni les gestes qu’il faut réapprendre, ce n’est que l’enveloppe du problème. C’est le contenu qu’il faut revoir.

C’est l’être dans toute sa dimension, c’est un travail personnel avant tout.

Il faut d’abord pouvoir se comprendre, s’autoriser à s’aimer et s’interroger pour pouvoir changer ET avancer.

La bonne nouvelle est : c’est à notre portée, possible et envisageable.

Comme tout à son contraire, la mauvaise nouvelle serait de ne pas faire le travail nécessaire pour y arriver……

“L’homme est né libre, et partout il est dans les fers”

“La Raison, le changement viennent lentement, les préjugés accourent en foule”

Jean-Jacques Rousseau

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