Le karma c’est l’action.

Lorsque l’on parle de “karma” on le réfère souvent à quelque chose d’inévitable qui va se passer ou qui s’est passée, comme étant une “prédiction” de l’action vécue ou à vivre.

En fait c’est un peu plus complexe que cela.

Les 4 voies du Yoga nous indique que le Karma Yoga est un chemin yogique parmi le Bhakti, Raja et Jnana.

Dans les Ashrams ou autres lieus de culte par exemple il est demandé de faire certaines tâches comme la vaisselle, le jardinage, le ménage etc… Les participants sont invités à faire une action dite gratuite, qui n’aura aucun effet sur le moment présent car dans le présent ils se trouvent dans l’action.

Si cette action est vécue comme étant un fardeau, quelque chose qu’il faut faire car ce sont les règles du lieu, elle n’aura aucun impact car elle n’est pas exécutée de manière anodine. Si la personne vit ce moment comme étant une punition ou une obligation elle subit alors l’action. C’est quelque chose qui lui est imposée.

Même si je comprends ce principe de “Karma Yoga”, pour autant je ne le plébiscite pas. Je pense qu’il serait mieux de laisser les personnes qui le souhaitent, proposer leurs services, au lieu de se voir imposer des jours et nombre d’heures dans la journée pour telle ou telle chose.

A titre d’exemple récent, un lieu me proposait un tarif plus avantageux à la location si l’ensemble du groupe participait aux tâches quotidiennes. Or là, même si cela partait sans doute d’une “bonne intention”, de mon point de vue il n’y a rien de “karmique” car il y avait à la clef une récompense soit un rabais substantiel.

Je pense que la notion de “Karma Yoga” comme beaucoup d’autres choses dans le monde du Yoga a été détournée de son origine.

On peut le comprendre ainsi. De manière capitaliste.

Vous avez un compte en banque et chaque action que vous avez faite “avant”, sous entendu dans vos autres vies, et celles dans la vie actuelle s’accumulent. Vous capitalisez.

Les actions que vous allez prendre dans votre vie présente, vont probablement dépendre de vos qualités dites humaines, basées sur celles (les actions) faites en amont, soit dans vos vies antérieures.

Ce sont les actions qui font “nous”, l’homme ou la femme que nous sommes actuellement.

Le désir le plus ardent de chaque être humain sur terre est le bonheur. On veut être heureux c’est indéniable.

Ensuite savoir à quoi ressemble le bonheur est une question de point de vue. Certains le trouveront dans la beauté, l’argent, la réussite professionnelle, une vie de famille épanouie, une belle voiture, une belle maison etc.

En fonction du “niveau spirituel” de l’être humain le bonheur sera différent.

Pour trouver le bonheur, se sentir heureux constamment, être en paix perpétuelle avec sa soi-même il faudrait pouvoir faire preuve d’équanimité total et surtout constant. 

Le bonheur et la paix souveraine se trouvant dans les êtres de lumière, ceux ou celles qui auront atteint le Samadhi et ensuite le Nirvana.

C’est la fin de la boucle. Une fois atteint, plus aucune incarnation n’arrive, car le chemin aura été accomplit.

Pour arriver à cette fin, il faut prendre un chemin. On peut le voir long et tortueux, comme on peut le voir jonché de lauriers.

Le libre arbitre est toujours présent.

Le karma ou l’action quelqu’elle soit s’inscrira dans notre être, car l’action deviendra souvenir bon ou mauvais, et reviendra vous épanouir ou vous anéantir.

Le Yoga est la connaissance et l’aboutissement du Soi.

Le but du Yoga est de pouvoir sortir de la boucle je nais, je vis, je meurs, puis éventuellement je m’élève. C’est-à-dire que tant que l’on est dans cette boucle qui peut paraître infinie, on ne sort pas du cercle primaire.

Un animal sauvage ne se pose pas de question. S’il naît en bonne santé il survivra, son instinct le poussera à la survie, à la reproduction puis il mourra.

En tant qu’être humain nous sommes considérés comme étant supérieur au Règne animal car nous sommes doués de penser, parler, créer. 

De ce fait l’humanité ne cesse de croître. Nous avons et continuons de visiter l’espace, nous avons et continuons d’exploiter les ressources naturelles à bon et mauvais escient, nous avons la faculté de sauver comme celle de détruire des espèces animales et flore terrestre, nous avons l’intelligence de développer des vaccins qui nous permettent de survivre à des maladies qui autrefois nous décimaient, nous avons même donner la capacité d’enfantement à des femmes qui ne pouvaient avoir d’enfants, nous pouvons à présent nous reproduire en-dehors de corps humains pour ensuite être replanté dans un utérus. Nous avons conquis le monde par notre intelligence et notre faculté d’adaptation nous permet d’être encore sur Terre même si nous décimons les ressources naturelles et vivons à contre courant de ce que la nature peut nous proposer.

De ce fait et sans complexe nous sommes au-dessus du Règne animal.

Pour autant avons-nous trouvé le bonheur ?

A notre petite échelle d’individu nos actions sont pré-dominées par nos désirs. Car on souhaite tous quelque chose, tout le temps.

Nos désirs sont pré-dominés par nos sensations.

Nos sensations sont pré-dominées par nos sens.

Nous sommes gouvernés par ce que nous ressentons, et de là découlera l’action.

L’action sera alors faite en fonction de ce qu’elle pourra nous apporter, quelque chose de réconfortant, ou de gratifiant.

Il y a une énorme différence entre apporter une aide à une personne en difficulté de manière spontanée : par exemple dans un magasin une personne n’arrive pas à attraper un paquet qui se trouve en haut d’un rayon, vous le faite pour elle, un sourire et puis merci, c’est terminé.

Puis celle de faire la même action en racontant partout comment vous avez aidé une personne âgée ou handicapée à attraper un paquet de corn flakes qui se trouvait entre les pétales de maïs et les chocops.

Il se trouve une grande différence entre aider une femme à descendre la poussette dans une bouche de métro bondée en pleine heure de pointe, et celle de faire la même en postant sur les réseaux sociaux votre dégoût de la race humaine car personne n’a aidé la jeune maman à descendre sa poussette pendant que tout le monde se dépêchait pour aller attraper le métro.

Il existe une grande différence entre nourrir tous les matins un chien malade abandonné dans la rue (comme en Inde par exemple où ils sont nombreux), et vous filmer le faire, même si vous pensez que cela pourra inspirer d’autres personnes à en faire autant.

Vous pouvez aussi passer du temps à regarder une guêpe se prendre la vitre pour tenter de sortir ou bien ouvrir la fenêtre et la laisser partir.

De la même manière, pour éviter qu’un oiseau ne soit attiré par son reflet dans une baie vitrée, vous pouvez y poser des rideaux épais et les fermer quand le soleil tape dedans.

Toutes ces actions sont de “petites” actions et n’ont rien d’extraordinaires en soi. En revanche elles sont faites de manière spontanée, comme une évidence.

Si pour faire des choses simples il faut publier sur les réseaux sociaux l’action en soit, alors il y a un vrai problème. Car cela sous entend que nous, en tant qu’être humain, nous avons perdu le sens commun de toutes choses.

Toutes ces actions n’ont rien d’héroïques, mais s’accumulent dans le petit compte en banque karmique.

Elles mûrissent et changent la nature de la personne. Elles s’épanouissent et permettent à la personne d’avoir une vue différente, un regard différent sur le monde dans lequel il évolue.

Là où certains verront un problème, il y verra une solution.

Là où certains verront un miracle, il y verra une évidence, une suite logique de ce qui a été fait en amont.

Le Karma Yoga n’a rien de transcendantal.

Si dans votre emploi du temps vous êtes obligé de mettre à telle heure je fais du Karma Yoga alors il y a un problème. Car il se vit au quotidien, dans toute chose que l’on fait, à n’importe quelle heure de la journée de notre vie nous sommes capable de faire une bonne action de manière spontanée, sans même personne pour nous dire, nous rappeler que nous “devons” le faire.

C’est une qualité humaine que nous avons tous en nous. Nous n’avons besoin de personne d’autre que nous et notre bon sens pour la laisser s’épanouir.

Il suffit simplement de la développer.