Avant d’écrire cet article je me suis documentée, j’ai regardé beaucoup de vidéos sur Youtube et autres réseaux sociaux, de personnes “connues” ou non. Et une chose m’a frappée.

Pour 90% des cours proposés sur une durée allant de 45 minutes à 1h20, il n’y avait presque aucune posture au sol.

Les cours et démos se ressemblent tous, on part sur une même base dans laquelle on décline tous les Guerriers (Virabhadrasanas) à l’infini, pour les transformer en Trikonasana vers un Ardha Chandrasana, suivi du populaire Reverse Warrior

Pour accentuer la difficulté, un Koundinyasana précèdera probablement un Adho Mukha Svanasana, suivi de la deuxième posture la plus populaire que représente Camatkarasana.

En-dehors d’un cours Ashtanga Yoga Vinyasa, très rarement il y a la pratique de Uttitha Hasta Padanghustasana, car on lui préfère le Danseur Nataraja.

Si un néophyte regarde ces vidéos de yoga il comprendra que Virabhadrasana est un élément clef à toute pratique de yoga et que les équilibres sur les mains ou sur les coudes sont un passage obligatoire pour passer maître en la matière.

Dès que l’on sort d’une “tradition” comme peuvent l’être Sivananda ou les séries de l’Ashtanga Yoga Vinyasa, les structures se perdent en cours de route. Même la série du Bikram Yoga a son lot de postures au sol.

L’échauffement avant la pratique

Pourquoi proposer des exercices de stretching avant une pratique ?

Comment être stable en Parshvakonasana si les ouvertures de hanches ont été étirées pendant 10 minutes en amont ? 

Soudain une deuxième question me vient : est-ce que les postures de yoga n’étirent pas aussi ? Dans ce cas enseigner du Yin Yoga AVANT une pratique plutôt “yang” ne fait pas tellement de sens….

La racine du mot asana veut dire “assis”, les postures que l’on fait debout ne sont que l’échauffement, la vraie pratique commence à partir du moment où l’on est au sol. 

Une fois un élève m’a dit “mais les postures au sol, il n’y en pas beaucoup”…… il est vrai que si l’on se fie à ce que l’on voit sur les réseaux sociaux, elles ne sont pas monnaie courante. En revanche les flexions arrière, équilibres, et toute autre posture compliquée ont la quote.

Au final, à vouloir devenir original, et proposer une nouvelle vue sur la pratique des postures de yoga, tout le monde fait la même chose, le même enchainement.

Une séance bien construite devrait pouvoir proposer un échauffement par exemple au-travers de la pratique des Salutations au soleil, des postures debout couvrant les flexion avant, arrière, latérale, rotation, équilibre.

Par la suite on reproduit la même chose pour les postures au sol en y incluant des inversions et des postures calmantes que représentent Sarvangasana, Halasana, Uttana Padasana.

Pour se faire une idée : une séance d’une heure devrait proposer un module de 15 à 20 postures, en comptant autant de postures debout qu’au sol, soit 10 postures debout pour 10 postures au sol.

Pratique sur un Thème

Les thèmes les plus pratiqués sont “ouvertures de hanches et ancrage”, “flexion arrière”, “équilibre sur les mains”.

Dans bien des cas, sous prétexte d’une pratique qui couvrirait les ouvertures de hanches, les postures dans lesquelles les jambes sont séparées (à outrance), vont être les plus vues. On s’empresse alors d’amener les étudiants vers un Hanumanasana, soutenu par des briques dans le meilleur des cas.

Tandis qu’une pratique de Gomukasana ou demi-lotus sera complètement oblitérée, et pourtant….

L’ancrage ne signifie pas essentiellement être bien sur ses deux pieds, (ou un seul) ça peut aussi concerner une posture comme Dandasana.

Tout comme les ouvertures de coeur ne sont pas toutes faites par des flexion arrière, les torsions sont aussi valides (twisting pose).

Une posture comme Prasaritta Padotanasana C permet une belle ouverture d’épaule et du coeur, et pourtant ce n’est pas une flexion arrière….

De manière générale il faudrait pouvoir comprendre qu’une pratique basique de postures de yoga couvrira de toute façon les ouvertures de hanches, flexions avant, latérales et arrière, rotations, inversions.

Car c’est le but de cette pratique, travailler le corps en profondeur pour pouvoir l’amener sur le tapis et le guider en stade méditatif (ancrage) une fois Shavasana terminé.

Le plus efficace reste la simplicité.

Très belle pratique à Vous!

Namaste,

Share This