Un soir au détour d’une conversation, j’ai rencontré le Néant…… et je n’ai pas sombré.

Il m’est apparu tout simplement comme une évidence.

Synthèse du mot : “Effroi, horreur, obsession, sentiment, vertige du néant, retomber, sombrer”.

A priori le mot est dur, et pourtant “mon néant” n’était pas effroyable. Le Néant n’est pas une perte. C’est un cadeau de l’Univers.

 

Mais si l’être, comparé à l’étant, est de fond en comble néant, au point que la pensée, dit Platon, ne peut supporter qu’avec peine ce climat d’inanité radicale où ses points d’appui ordinaires lui font défaut, gardons-nous toutefois de confondre le néant de l’être avec un néant de nullité. Il s’agit en effet de pureté et non de nullité. Le néant de l’être n’est en aucune façon l’absolument nul, le vide de l’essence“. 
J. Beaufret,Introd. aux philos. de l’existence, Paris, Denoël, 1971, p.123.
 
Le néant est un effet de pureté et non de nullité.
 
Cette phrase résonne d’une puissance incroyable.
 
Toute les couches qui nous empêchent de respirer, partent pour ne laisser apparaître que l’expression de notre être, un état de clairvoyance.
 
Je suis tombée sur cet article, qui est très beau et que j’aurai aimé écrire :
 

“Derrière la peur du Néant se cache la peur de l’ennui, mais aussi, la peur de la solitude, et le manque d’amour. Nombreux sont les prétendants à la « Réalisation » qui ne se sont probablement jamais posé certaines questions, pourtant fondamentales. L’ »Unité » tant citée apparaît comme quelque chose d’extraordinaire. Pourtant, à y réfléchir, je trouve que cela peut être quelque chose d’également particulièrement terrifiant. On fantasme de choses que l’on imagine comme merveilleuses, mais sans les connaître. Imaginez que l’on vous montre les royaumes auxquels vous pourriez prétendre, afin que vous puissiez faire un choix éclairé. Seriez-vous prêt à quitter ce monde d’une extrême richesse pour vivre éternellement dans un état de béatitude, mais où il ne se passe plus rien? Feriez-vous ce choix? Nous rêvons d’Unité, mais l’Unité, c’est aussi la solitude absolue, définitive. Nous ne sommes plus que Un. Pour espérer atteindre un tel état, notre conscience doit d’abord réaliser d’énormes bonds en avant, doit dépasser son besoin d’amour extérieur, sa peur de la solitude, sa peur de l’ennui. Elle doit être son propre amour, sa propre joie, sa propre sagesse. Elle doit d’abord être une avec elle-même.”

“Souvenez-vous d’un moment de votre vie où vous avez ressenti un amour puissant pour quelqu’un. Rappelez-vous cet état de plénitude, de bien-être. Si vous avez déjà vécu cela, vous avez beaucoup de chance, car vous pouvez vraiment comprendre ce dont je parle ici. Toute cette douceur…. D’où venaient toutes ces sensations? Est-ce l’autre qui les a mise en vous? Non… Elles provenaient de votre part la plus profonde. L’autre n’a été qu’un déclencheur, un interrupteur, mais la source véritable est en chacun de nous. Une fois que nous avons compris cela, et que nous mettons tout en œuvre pour faire tomber, l’un après l’autre, tous les obstacles qui enserrent notre cœur et notre âme, à un moment, le miracle se produit, et une grande vague d’amour émerge de nulle part, nous inonde, alors que rien à l’extérieur ne semble l’avoir suscité. Alors on sait que l’on est sur le bon chemin. La vague passe, et si l’on poursuit nos efforts, une autre vague ne tardera pas à survenir, plus forte encore que la précédente, plus durable. Petit à petit, cet état d’amour devient plus présent, et si il se fait plus discret parfois, on devient capable de le réactiver, car on sait désormais comment faire”.

Conquérir le Néant, c’est donc dépasser sa peur de l’ennui, son manque d’amour, et savoir trouver refuge, dans la paix, au plus profond de soi….

Lire tout l’article : La Conquête du Néant – Le blog de Stéphanie 

Ma rencontre avec le Néant

C’est arrivé soudainement. D’un seul coup mes yeux se sont ouverts et j’ai affronté la réalité sans fard. J’avais déjà vu un aperçu quand je suis allée méditer avec des moines un matin à 5 heures, à Pharping (Népal). En chantant le Om Mani Padme Om, j’ai pu rentrer dans un état de profonde méditation pendant 10 minutes. Je n’ai pas réussi à le reproduire. C’était proche du Rien, du Néant.

Par contre, il a été suffisant pour y ouvrir une porte, de laquelle se sont déversés le refoulement et des secrets enfouis que je croyais perdus.

On a déjà toutes les réponses à nos questions, tant elles sont le reflet qui couvrent souvent nos peurs et nos sentiments. Notre mental envoie constamment des informations au cerveau, interprète pour nous les situations, il se peut alors que l’on vive quelque chose de son côté qui soit complètement différent de ce que vit l’autre.

La dualité est omni présente, faire la paix avec la part de notre autre que l’on ne connait pas vraiment. Peut-on parler de manipulation de l’esprit? Essayer de rassembler nos deux côtés, les bons et les mauvais, retrouvons une partie de chaque être que nous avons été tout au long des différentes étapes de notre vie. Les assembler. 

Il faut alors devenir silencieux pour pouvoir faire la part des choses et le désir d’interprétation.

Au lieu de fuir le Néant, il faut le laisser vous prendre.

Sur la pente glissante qui nous y emmène, on a deux choix : celui d’essayer de se raccrocher à la paroi pour ne pas tomber et éviter la chute, jusqu’à s’en faire mal aux ongles, ou bien celui de se laisser aller le long de cette rampe. En arrêtant de lutter, en faisant confiance au processus qui vient de se mettre en marche.

On attire ce que l’on a provoqué pour pouvoir les manifester à notre tour.

C’est un moment de lâcher-prise totale. On ne sait pas encore quel en sera le résultat mais c’est une opportunité inouïe qu’il ne faut pas négliger et surtout ne pas ignorer.

D’où l’importance de savoir accueillir la solitude quand elle se présente, d’en prendre soin et de ne pas la blâmer pour ce qu’elle nous force à sympathiser avec nous même et plus si affinité.

Le Néant peut être effroyable, il représente la perte de ce que nous pensons croire et ce que l’on voit vraiment. Recevoir le lâcher prise est quelque chose de précieux. On perd peut être un peu de nous dans le procédé tellement il est important de se défaire des choses qui nous ont façonnées et provoquées des situations qui n’étaient pas les bonnes.

Ce peut être aussi le début d’un éveil spirituel ou simplement le début d’un nouveau chemin pas encore envisagé….. Ou alors les deux qui se manifestent ensemble.

Namaste,