Quand j’étais petite je voulais devenir danseuse.

Avant d’aller à mes cours de danse je me nourrissais de la musique des Bee Gees, Stayin’Alive, du film Grease, de Chorus Line dont je connaissais toutes les répliques (en français) et toutes les chansons.

C’est par ailleurs en écoutant les chansons phrase par phrase que j’ai appris l’anglais. En revanche j’ai tué le VHS à coup de “rewind” / “play”….

Sur FR3 il y avait l’émission du mardi soir, la Dernière Séance présentée par Eddie Mitchell où il passait toutes les comédies musicales comme Chantons sous la pluie, les films de Marilyn Monroe avec Jane Russel entre autre, West Side Story, Esther Williams dans “Dangerous when wet” (super titre de film j’ai envie de dire!!), Bathing Beauty sans oublier le fameux Herbert H Hebert de Jerry Lewis que j’ai du regarder un millier de fois et tout le temps avec les mêmes fous rire.

Tout ça c’était mon univers.

Puis a déboulé Fame, et là je me créais des chorégraphies endiablées sur la voix d’Irène Cara. Quand Flashdance est sorti comme tout le monde je me trémoussais en justaucorps noir et piétinait le sol de ma chambre (en rêvant déjà à l’époque d’avoir les fesses aussi rebondies et fermes que celles de Jennifer Beals).

Entre temps Madonna est arrivée et était devenue mon héroïne féminine, je voulais alors devenir chanteuse mais avec le look de Janis Joplin et la voix de Kate Bush.

Je participais à tous les stages de danse de mon école, j’ai pu suivre les cours de Bruce Taylor de la Alvin Ailey dans les années 1980 et aussi Stéphane Locci des Ballets de Rheda. J’étais tellement impliquée que lors d’un stage j’ai pu suivre les cours de mon âge (soit les 15-18 ans) et celui des confirmés (les 20-25 ans).

Puis la vie a pris le pas sur mes envies, mes désirs cachés, mes rêves de grandeur pour me réaligner avec ce qui était nécessaire, avoir un travail, un salaire, un appartement, gagner sa vie et devenir adulte.

Je me suis égarée dans les limbes bureaucratiques du tertiaire pendant pas mal d’années, tout en gardant des activités artistiques, que ce soit le chant, les cours de théâtre jusqu’au jour où j’ai décidé d’arrêter de faire un travail qui ne me convenait plus, même si financièrement tout allait bien.

Avec le recul je me dis que toutes les réponses se trouvent dans notre enfance.

On ne les écoute pas assez. De nos jours on demande à des gamins de 14 ans ce qu’ils souhaitent faire dans la vie pour pouvoir les diriger vers les études appropriées.

Je ne connais pas beaucoup d’adolescents qui ont pour ambition de devenir secrétaire, garde d’enfant, avocat, médecin. La plupart du temps les choix qu’ils font sont représentatifs du milieu dans lequel ils évoluent.

Les enfants d’artistes vont rarement se diriger vers une carrière en comptabilité.

Je pense que dès notre plus jeune âge nous avons pas mal de clefs en mains, mais on ne nous donne pas les outils nécessaires pour les réaliser, car la société nous emprisonne dans un schéma qui consiste à travailler un nombre d’heures par semaine, avoir des congés payés et si tout va bien à partir de 65 ans pouvoir partir en retraite, pour enfin “vivre” tout ce que l’on a pas pu vivre avant…… on se retrouve alors avec des “vieux” qui du jour au lendemain ne travaillent plus, ne savent plus quoi faire, tombent malades ou alors vont claquer leur retraite en partant à l’autre bout du monde pour ceux qui gagnent une décente pension.

La majorité de la population travaille une grande partie de leur vie pour pouvoir s’offrir une bonne retraite.

La vraie vie devrait être celle de Benjamin Button !

Il est bien évident que l’on peut se “réveiller” à tout âge, il n’est jamais trop tard pour se décider à faire ce que l’on souhaite vraiment faire, ce qui nous prend aux tripes, ce qui nous pousse tous les matins à nous lever de bonne humeur.

Ne pas regarder en arrière peut être, mais se servir du passé pour avancer dans notre futur certainement.

Personnellement j’ai encore des ajustements à faire dans ma vie, je les fais progressivement.

J’ai gardé un contact avec le corps qui est pour moi indispensable, le mouvement c’est la vie. Dès lors que je commence ma pratique je me sens en vie, tous les jours mon corps me surprend un peu plus.

Je n’ai jamais vraiment repris des cours de danse. En revanche l’une des raisons pour laquelle j’ai vraiment accroché à la pratique de l’Ashtanga Yoga Vinyasa est la répétition du mouvement à l’infini avec le comptage.

Lorsque vous apprenez une chorégraphie, à 4 vous devez être à un mouvement précis, c’est exactement la même chose en Ashtanga.

Parfois je me demande est-ce que la danse est venue avant la pratique des asanas ? Ou bien l’inverse ? La danse classique a commencé au 15ème Siècle. Mais qu’en est-il des autres danses tribales par exemple qui dateraient de la Préhistoire ?

Dans les deux cas je trouve ces deux disciplines intimement liées.

Alors peut être que vous aviez envie de devenir chanteur, acteur, pompier, astronaute, licorne, magicien, sirène etc…. même si pour licorne ça risque d’être un peu difficile tout le reste est possible, on peut se rapprocher de ce qui nous ressemble, de ce qui nous attire, de ce que nous souhaitions vraiment faire ou de la personne que l’on aurait aimé être et devenir.

On peut toujours changer le cours de notre vie, rien n’est fixé à l’avance, chaque jour, chaque minute peut être différente.

L’important est de se rappeler de notre “enfant” qui sommeille en nous, de ne pas le perdre et le garder éveillé car bien souvent, sur bien des sujets “il” ou “elle” avait raison.

N’avez-vous jamais remarqué par exemple quand vous faite un truc fou, comme descendre une rue enneigée sur une vieille luge en bois, ça vous redonne le sourire de votre enfance, car ça vous rappelle ce que vous faisiez ou que vous auriez aimé faire à l’époque – je donne cet exemple car à Montréal j’en ai fait l’expérience et je riais tellement que j’en avais mal aux oreilles.

Devenons Artiste de notre vie !

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