« Au final ce sont toujours les “ufologues” qui voient le plus d’ovnis, les religieux qui voient le plus de miracles. Quand on veut voir : on voit”.
Ce ne sont pas mes mots, mais ceux de G Milgram.
Ce sont des temps étranges que nous vivons.
Une instabilité politique mondiale, une perte de confiance en la médecine actuelle, pour mener à l’avènement de tout ce qui est alternatif.
Une brèche a été creusée et la porte grande ouverte à tout ce qui, de base peut paraitre farfelu, mais pour autant devient maintenant une norme, une réalité, un nouveau « chemin ».
Quand le sable est mouvant, le réflexe est de vouloir en sortir, question de survie. Seulement quand on se trouve sur un sol mouvant, il n’est pas conseillé de s’agiter, mais au contraire de s’allonger pour redistribuer le poids du corps, et de palmer avec les jambes pour que l’argile puisse permettre de libérer l’eau. C’est la poussée d’Archimède.
Pour résumer cette métaphore, peut être pas évidente à la première lecture, quand on se trouve dans une situation qui nous paraît désespérée, il est inutile de s’activer comme des fous pour trouver des solutions rapides, tandis que le recul suffisant sur la situation peut permettre une réflexion approfondie.
Et c’est là je pense le gros problème actuel : nous ne réfléchissons plus. Nous sommes dans l’action.
La débandade que provoque les réseaux sociaux, nous retire toute objectivité et raisonnement.
Il existe maintenant des solutions pour tout. Les experts sont omnis présents sur toutes les plateformes et les conseils pullulent de partout.
Les auto proclamés du bien être ont réponse à tout, et sont capables de guérir, soigner, conseiller, guider, connecter. L’ensemble dans la bienveillance.
Les promesses sont nombreuses, les rituels le sont tout autant.
Le sun gazing vous promet d’augmenter votre énergie grâce à la lumière solaire, l’huile de ricin pour les purges pour détoxifier le corps de ses métaux lourds ou des parasites, les pierres ou les cristaux que l’on recharge en fonction au moment de la pleine lune, ou au soleil, les lits quantiques qu’ils suffiraient de scanner pour guérir le corps, les fréquences 852 Mghz qui soignerait à peu près tout et qui rendraient intelligents.
Les rituels du matin qui consistent à se lever tôt, courir tôt, boire de l’eau tôt, sans oublier la phase « journaling » où basiquement tu écris tout ce qui se passe dans ta tête, le tout avant 7 heures du matin, et après le cours de yoga en haut d’une montagne surpomblant la mer.
Le journal des gratitudes, super important sinon c’est l’échec et l’abondance ne pourra pas venir cogner à votre porte.
Les séances d’hyper ventilation… ah pardon de breathwork… organisées par des personnes qui se sont formées en deux semaines, et qui ensuite vont proposer à leur tour des formations de 2 jours pour devenir facilitateur.
Bon après nous avons les plus classiques, les cérémonies de cacao pour se connecter à son féminin sacré, dans un cercle de femmes, pour lequel la pratique du yoga des hormones est essentiel. Les bains sonores qui harmoniseraient les chakras.
L’astrologie qui conseille mais ne prédit pas, tout en indiquant quand même que le 17 janvier il y aura une pleine lune en scorpion et donc attention, ça va piquer. Puis comme chiron va pointer le bout de son nez, surtout n’achetez pas pendant cette période…. ah pardon l’astrologie ne prédit pas…. mais quand même un peu non ? Bref.
Qui se souvient de Paco Rabanne qui avait annoncé l’apocalypse avec le crash de la sation Mir sur Paris, à l’occasion de l’éclipse du soleil le 11 août 1999 ?
Les constellations familiales qui vous demandent un arbre généalogique jusqu’à l’an 1000 afin de vous prouver que si actuellement vous êtes dans une phase compliquée, c’est la faute à votre ancêtre qui le 23 août 1572 a malheureusement participé au massacre de la Saint Barthélémy.
Les professeurs de yoga, qui par la force des choses finissent par devenir des thérapeutes. En effet, quand vous avez des personnes qui viennent à votre cours et vous expliquent à quel point elles ont mal ici, ou là, qu’elles n’arrivent pas à dormir, à manger, à maigrir, à être heureuse.. forcément la tentation est grande de dire des choses, que l’on ne devrait pas. En même temps on ne veut pas perdre le statut de « prof qui sait », alors on dit ces choses qu’on ne devrait pas dire. Vous me suivez ?
Ou tout simplement les profs de yoga qui sont certains d’avoir un savoir hautement qualitatif car ils ont suivi une formation en Inde, ou avec un gouru mystérieux dont on taira le nom, et donc sont évidemment connectés à la lune, à la mer, au soleil, au champ vibratoire médical, et peuvent repérer une pathologie à partir de leur tapis de yoga.
La liste est bien longue et pourrait encore s’étirer.
La question est de savoir comment en sommes-nous arrivés à ce degré de bêtise ambiante ?
La réponse est simple, même trop simple. Même si tout cela était latent, la période du covid, les confinements à répétition, les pass sanitaire, les vaccinations, les décès, tout ça a été un déclencheur universel de bullshit.
La population n’a plus confiance en la médecine. Celle qui nous permet de pouvoir être opérée sous anesthésie générale, alors qu’avant les gens devaient quand même pas mal morfler pour un arrachage de dent ou une simple carie, sans parler de l’apendicite…. je n’imagine même pas.
Cette médecine qui a quand même permis de découvrir la pénicilline, les vaccins contre la rougeole, la varicelle, celle qui fait des opérations à coeur ouvert etc.
La confiance a été brisée par des hommes politiques avides de pouvoir.
Et par conséquent, ce qui attendait calmement derrière la porte de la cour des miracles, a finalement fait une entrée fracassante dans nos vies. Les réseaux sociaux ont fait le reste.
La guerre entre information et désinformation, ce qui est vrai et ce qui est faux, est désormais de plus en plus flouté et le sera encore plus, avec l’avènement de l’IA.
Car l’IA permet aux gens bêtes d’être momentanément intelligents.
L’opulence des réseaux sociaux, nous permet de trouver une réponse à notre question, en un clic, en une phrase, en une vidéo qui aura comptabilisé 1 million de vues. Et cela sera suffisant pour convaincre la personne qui fait la recherche.
Si c’est « vu » autant de fois, alors la vidéo est vraie, avec de vraies informations et donc de vraies solutions.
Si avant on pouvait rire gentiment de voir Lova Moore se rouler à oilpé dans la rosée du matin, maintenant on pourrait en pleurer ou s’en inquiéter. Si elle avait été influenceuse à ce moment et déclarer « la rosée du matin a réglé tous mes problèmes de ménopause », la majorité aurait ri de bon coeur. Tandis que maintenant des femmes seraient tentées de le faire.
Avant on avait un esprit critique, certes il était peut être un peu fermé. Mais de nos jours, il n’y a quasiment plus d’esprit critique, on voit, on lit, on adhère. Point.
Nous sommes dans une période pour laquelle l’attente n’est plus de mise. Le souhait premier est le tout de suite. On veut des solutions aujourd’hui, et peu importe si la solution en elle-même est loufoque ou débile ou une arnaque.
Nous sommes tellement influencés par ce que nous renvoie nos écrans, que nous avons anesthésié le lobe frontal de notre cerveau, celui qui nous permet une prise de décision avec un raisonnement logique.
Dans ce marécage de médiocrité, l’incrédulité remporte la victoire.


Bonjour Stéphanie,
Suite à mes errances sur internet guidées aujourd’hui par la recherche » formation yoga » , je découvre ton site, ton descriptif de formation et puis le blog ! Et là, j’ai bien lu une dizaine de tes posts. Quel plaisir de te lire, c’est touchant, tranchant, marrant et honnête. Voilà, je ne sais pas si je pourrais m’inscrire à ta formation en août, en tout cas, je suis déjà heureuse de connaître ta e-plume !
Bonjour Audrey !
Merci pour ton message qui me met du baume au coeur. Une très belle journée à toi.