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Les influenceurs

Avant le développement d’Internet, c’est par le biais de relations presse et de relations publiques que les relais d’opinion exerçaient leur influence sur l’ensemble de la société. Depuis l’apogée d’Internet, le profil de ces individus a subi de grandes modifications, notamment grâce à l’arrivée de nouveaux outils destinés à véhiculer et partager son avis sur un sujet précis ; on parle désormais « d’influenceur électronique ». 

Harvard Business Review.

Dès lors que nous avons un compte IG ou autre, nous entrons dans le monde de l’influence. On y poste nos avis, nos coups de gueule, nos préférences, ou ce qui nous passe par la tête. Pas forcément dans le but « d’influencer » mais le simple fait de poster une photo, peut potentiellement avoir une influence sur d’autres personnes.

L’influence peut être un métier à part entière pour certains et certaines. Dans ce cas, leur vie professionnelle dépendra du nombre d’abonnés qui les suivra.

Les grandes et petites marques commerciales, ont, à mon sens, donné beaucoup trop d’importance à ces personnes dites « influentes ». A coup de cadeau, de rabais, pour que ceux-ci postent ledit produit sur leur compte, afin de pouvoir toucher plus de monde et se faire connaitre. Beaucoup de ces marques ou compagnies qui y voyaient là le Saint Graäl de la communication, ont fini par comprendre que cela ne servait à rien.

Les personnes qui « suivent » ne sont pas forcément des personnes qui achètent. En revanche, les personnes qui sont suivies, ont elles compris qu’elles avaient un certain « pouvoir », et que pour avoir ce pouvoir, il n’était nul besoin d’avoir un quelconque talent. Si ce n’est celui de comprendre comment fonctionne les réseau sociaux, ce qui en soit en est un, je vous l’accorde.

Le monde de l’influence après avoir connu une certaine apogée, est maintenant devenu un peu plus fade. Cependant j’attends le moment où ces personnes disparaitront complètement de la toile, même si les vidéos TikTok tentent à prouver le contraire.

Les cours de Pilates Reformer sont maintenant devenus très tendance, et lorsque l’on regarde le contenu des studios qui ne se concentrent que sur ce genre d’enseignement, on s’aperçoit qu’ils sont assez ciblés vers une certaine clientèle : souvent féminine, hyper apprêtée, portant des vêtements plus chers que le cours qu’elles auront payé par le biais de ClassPass.

Petite note : les studios qui utilisent ClassPass pour remplir les cours, comment vous dire que vous faites fausse route ! Si vous pensez encore que cela mettra en lumière votre entreprise, vous avez tout faux. Une fois que l’abonnement ClassPass sera terminé avec votre studio, ces mêmes personnes iront voir ailleurs. Vous n’obtiendrez que du vent. Beaucoup de passage certes, mais des tapis vides.

Mais revenons aux influenceurs. La société et génération actuelle leur ont conféré un pouvoir, suivi d’une abnégation totale ainsi que d’une starification construite autour d’un vide, ce qui les portent à croire qu’ils/qu’elles sont des êtres suprêmes, portés par des attentes élevées, qui se doivent d’être honorées sous peine de mauvais retour sur lesdits réseaux sociaux.

Il m’arrive d’en croiser quelques unes, que des femmes, au détour d’un cours de Pilates, dans un studio qui laisse la porte ouverte au ClassPass. Et je dirai que dans 99% des cas, l’expérience est pénible. 

Pénible mais pour qui ? Certainement pas pour moi car j’ai la peau dure et que je ne reste nullement impressionnée par une élève, divinement apprêtée de la tête aux pieds, marchant avec une attitude vers les machines, en expliquant qu’elle a déjà pratiqué le Pilates, et qu’elle s’attend donc que le cours soit aussi bien que ce qu’elle a l’habitude de faire.

Mais pénible pour elle. Car le legging ne fait pas le pratiquant. Et que probablement la trace de fond de teint restera imprégnée sur la short box, que je lui demanderai de nettoyer à la fin du cours. Certaines feront des têtes de 36 mètres de long durant tout le cours, d’autres seront beaucoup plus sympas et accepteront la pratique sans trop rechigner.

Dans les deux cas, aucune d’entre elles n’oubliera de se prendre en selfie à la fin du cours, en mettant bien avant la machine sur laquelle elles auront transpiré pendant quelques instants. Mais reviendront-elles au cours ? La réponse est bien évidemment non.

Et c’est ce que je trouve très triste dans leur vie d’influence. Non pas le fait qu’elles ne reviennent pas, mais le simple point que leur vie ne se limite qu’à des instants pour être vue, des moments superficiels qui resteront permanents sur les réseaux sociaux. C’est la dichotomie de leur système d’exploration et d’évolution de la vie. Elles font des activités qui sont tendance, mais la tendance ne dure pas. Si demain la méthode Pilates se limitent à des cours sur chaise, ou si le nouvel endroit à la mode pour se faire voir est le fin fond de la Creuse, alors elles se jetteront dessus pour ne plus jamais y revenir. Simplement pour y prendre une photo, montrer qu’elles y étaient, et passer ensuite à la tendance qui définira le fait qu’elles vivent une vie merveilleuse.

Leur monde ne dépend pas de choses à apprendre, d’enrichissement culturel et intellectuel, mais de ce que la « société » définit de ce qui est bien à faire en 2025 avant qu’il ne soit trop tard. Les journaux et magazines nous gavent d’articles de lieux à visiter pour l’année 2025 en les comparant aux années précédentes, et en expliquant même pourquoi telle ville est à la mode cette année alors que l’année passée elle ne l’était pas. Ce qui peut créer un tourisme de masse, basé simplement sur une « tendance », ce qui provoquera par la suite un oubli de ce lieu car trop écrasé par la masse touristique.

Finalement les influenceurs, et ceux qui les  influencent, tournent en rond. 

Ce sont des souris qui courent dans une roue, enfermées dans une cage, posée sur l’étagère, et que l’on nourrira avant de partir au boulot et le soir en rentrant. Le seul horizon qui s’ouvre à eux/elles, est la circonférence et la taille de leur roue dans laquelle ils/elles s’épuisent à courir de plus en plus vite.

Mais cela ne se limite pas qu’aux influenceurs. Ce système de vie est le reflet de la population actuelle. A la différence que les influenceurs sont peut être payés, et gagnent leur vie en vendant du vide, les autres personnes, vivent le monde, avancent dans la vie de la même manière.

Aucune époque n’a été épargnée par l’emprise de la société dans laquelle elle a évolué. Et continue d’évoluer. Même les gens qui se définissent comme étant « éveillés », ceux qui auraient choisi la pilule rouge pour rejoindre la rébellion, restent eux aussi affectés. Quand on entend le discours de certains, mélangeant les univers parallèles et la physique quantique, on se rend vite compte tout de même qu’ils font partie d’un mouvement qui se pense supérieur, alors qu’ils ne font que répéter ce que d’autres disent et affirment comme étant une vérité absolue.

Quoiqu’il arrive, nous vivons en étant influencé, car nous sommes imprégnés de ce qui nous entoure. Le discernement dont nous ferons usage reste propre à chacun.

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