Plus que jamais nous avons tous réalisé ces derniers temps à quel point les choses peuvent changer d’une seconde à l’autre. On ne parle plus de minutes, ni d’heures, ni de jours, mais vraiment de secondes. En l’espace de peu de temps notre vie quotidienne a été chamboulée, que l’on soit en Europe, en Amérique, en Asie ou en pleine mer.

Très vite nous avons expérimenté et découvert de nouvelles émotions.

Si la peur nous était familière, jamais nous ne l’avions expérimentée autant.

Si la liberté nous était acquise, jamais nous n’en avions compris l’ampleur, ni son importance, encore moins la chance qu’il nous était donnée de pouvoir la goûter à tout moment. Prendre un Velib’ pour aller place de la République, réserver un billet d’avion pour aller découvrir les Iles Galapagos etc.

Si l’abondance était quelque chose de due, que nous ne remarquions même pas, jamais nous n’aurions pu imaginer que les années 2000 risquaient de nous voir flirter avec des mots comme “restrictions, confinement, quarantaine…”.

Notre génération n’a pas connu la deuxième guerre mondiale.

Notre génération n’a connu qu’individualisme, richesse, extrême pauvreté (mais chez les autres), black Friday, cohue pour acheter le dernier Iphone, engouement pour le dernier IT bag que les magasines nous bombardent à longueur de journée, lobotomisation collective face à la TV réalité qui crée des nouvelles stars à suivre à tout prix sur Instagram au risque de rater sa vie ; produits exotiques en vente dans les supermarchés et venant des quatre coins du monde qui énergétiquement parlant n’apportent rien de plus au corps : boire une noix de coco alors qu’on vit en ville dans un climat tempéré n’aura pas le même effet que boire une noix de coco dans un pays où l’on transpire vraiment et où la noix de coco se retrouve partout. On ne consomme plus “local” mais “à la mode”.

On se rend compte que les personnes qui nous gouvernent, que ce soit en Afrique, Europe, Asie, Amérique, Océanie, Antarctique, sont tous incompétents et n’ont absolument aucune idée de comment gérer cette crise, pandémie, maladie que personne n’a pris au sérieux dès le début.

J’étais à Bali quand les choses ont commencé à tourner à l’aigre. Le 17 mars l’Ambassade de France à Jakarta, nous recommandait de rentrer, mais n’en faisait pas une obligation.

Le 20 mars j’ai envoyé un email à un contact de l’Ambassade pour lui expliquer mes craintes, détaillant les voyages que j’avais faits depuis le début de l’année, et lui demandait ce qu’il pensait de mon désir de vouloir rester sur place. Il m’a répondu que je faisais le bon choix. Le 21 mars je suis sortie faire des courses, car à Ubud, la quarantaine est une question de point de vue. Les habitants étant religieux, ils pensent être protégés de la maladie car tous les soirs ils vont au temple chanter et faire du bruit pour chasser les esprits….

Les locaux ont commencé à balancer des produits chimiques contre la malaria, pour endiguer l’épidémie….

Mon propriétaire me proposait de l’Arak pour me protéger du virus….

Le 22 mars changement d’atmosphère, il fallait rentrer. Point.

Le doigt dans l’Oeil

Que ce soit nous, les stars, les politiques, le voisin, tous nous avons pris ce problème à la légère. Car nous nous pensions à l’abri.

Carla Bruni a trouvé ça marrant de tousser sur les autres.

Boris Johnson se vantait de pouvoir serrer des mains à tout le monde alors qu’il imposait un confinement.

Des acteurs comme Will Smith ont pris le micro car il maitrise le sujet de la fin du monde, ayant déjà tourné dans un film pandémique catastrophe (!).

Arnold de Terminator a trouvé ça marrant de faire une story sur son compte pour expliquer comment se laver les mains. D’autres ont râlé quand leurs tournées se sont annulées aussi vite qu’un tour de piste.

On nous a assuré que les masques ne servaient à rien, que les gants étaient pour les hypocondriaques.

Quand le gouvernement a imposé sa première mise en confinement, les gens n’ont rien fait de mieux que de sortir pour profiter de leurs journées off….. pas seulement les français, on ne peut pas juger UN pays en particuliers, tout le monde y a été de son aberration.

Une touriste made in UK (anglaise) n’a rien trouvé de mieux que d’aller piquer une tête dans la piscine de l’hôtel où elle était confinée pendant ses vacances en Espagne.

Trump se pensait invincible et représente maintenant un pays touché avec 100.000 cas.

L’Inde tape ses citoyens si le confinement n’est pas respecté.

Bref tout le monde a réagit trop tard, et maintenant on essaie de réparer les pots cassés.

De l’incompétence à la prise de conscience

Je n’écris rien de de nouveau en annonçant qu’une prise de conscience va avoir lieu.

Nous sommes maintenant dans le deuxième cycle du confinement. Et je pense qu’au mois de mai nous y verrons plus clair.

Nous réalisons avant tout que nous nous sommes perdus. Même si nous en avions vaguement conscience.

A courir contre la montre de la productivité, à compter les jours qui nous séparent de nos prochaines vacances plutôt que compter ceux pour lesquels nous sommes pleinement heureux, nous réalisons peut être que nous avons “raté notre vie”, ou tout du moins que nous l’avons prise pour acquis.

Il est fort à parier qu’à la fin du confinement de nouvelles résolutions prennent place. 

Il faudrait juste pouvoir les tenir mieux que les promesses faites en début d’année.

Le changement est maintenant, et c’est le nôtre.

Pour le moment nous n’avons pas d’autre choix que de prendre notre mal en patience.

Alors profitons en pour se rapprocher les uns des autres, resserrer des liens familiaux peut être perdus, quitter une bonne fois pour toute les personnes et situations toxiques. 

Utilisons ce moment pour nous comprendre et nous permettre d’avancer de manière individuelle puis ensemble.

Pour que la société dans laquelle nous évoluons change, il faut que les individus changent. Alors changeons et faisons nous la promesse de rester droit dans nos chaussures.

Namaste,