Crédit Photo : Isabelle Mahé – Jeune femme à sa coiffure

La nuque est la partie dorsale du cou, située au-dessous de l’occiput. Quand on remonte à l’origine de ce mot il est intéressant d’apprendre que sa racine latine est « nuca » qui signifie moelle épinière (latin médiéval « nucrati« ) – Source Wikipedia et ProjetBabel.

La moelle épinière est chargée de la transmission nerveuse entre le cerveau et les nerfs périphériques. Elle court tout le long de la colonne vertébrale.

Pendant une pratique d’asanas la nuque est sollicitée pas seulement pour les postures au sol en inversion mais aussi et surtout pendant les postures debout. Les postures debout nous préparent pour les postures au sol, si la préparation n’est pas bonne il y aura un impact lors de la pratique des asanas au sol.

A titre d’exemple si dans la Sun Salutation la tête ne suit pas le mouvement du corps on ne connecte pas l’action à l’intention et on ne travaille pas les muscles de la nuque pour les préparer aux postures au sol. D’où l’importance de l’utilisation des Drishtis.

Lorsque nous montons les bras au ciel et que le point de focus est les pouces (Anghusta) la tête doit être « tenue » et non pas relâchée. En gardant la tête relâchée elle ira beaucoup trop loin en arrière et la pression sur les cervicales sera trop forte car une tête pèse à peu près 5 kilos.

Pour « tenir » la tête en extension nous utilisons le Splenius.

Splenius - muscle de la nuque

L’origine du mot Splenius vient de la racine grecque qui veut dire bandage, quant au mot « capu » pour capitis ou capitus veut dire crâne. Ce qui nous donne une bonne indication de son origine d’insertion. Le Splenius cervicis (pour cervicales) est lui attaché de T3 jusqu’à T6.

Le terme « bandage » illustre assez bien son action, il permet l’extension et la rotation de la nuque/tête. Dans une posture comme Trikonasana il sera sollicité de manière évidente car il est bien évident qu’il est absolument hors de question de ne pas tenir la tête dans cet asana au risque de provoquer un vrai torticolis et autres douleurs lombaires.

Lorsque nous amenons la tête en flexion il faudrait pouvoir continuer de l’allonger.

Dans Urdhva Tadasana lorsque les bras montent vers le ciel et que le regard est porté vers le haut, l’intention du mouvement sera complètement différent si la tête est tenue en flexion en essayant d’allonger les cervicales, automatiquement on va sentir les muscles abdominaux travailler car le fait de relâcher la tête va insinuer ou provoquer une flexion arrière non seulement de la tête mais du torse en entier.

Quand on relâche la tête dans Purvotanasana on empêche une ouverture d’épaule, à partir du moment où la tête est tenue en flexion arrière il est beaucoup plus facile et évident d’ouvrir le haut du torse.

La connection de la tête et du centre est intimement liée. De plus lorsque l’on commence à travailler en conscience on ressentira plus l’action des Bandhas qui tiennent le corps et la posture.

Dans les postures au sol pour les flexions avant il faut l’allonger, c’est le moment ou l’on souhaite créer une opposition entre la tête et le sacrum. De la même manière dans Salamba Sarvangasa (la chandelle) au lieu de l’écraser vers le sol on essaiera de continuer l’allongement de l’arrière du crâne.

Je pense que la visualisation aide à améliorer notre pratique. Quand on nomme le Splénius et que l’on voit où il se trouve ainsi que la signification de ce mot on arrive à mieux comprendre comment changer notre mouvement.

Très belle pratique !